Serbie / Hongrie : Orban veut une frontière étanche à la misère humaine

Z orban

« La barque est pleine ». C’est l’avis du gouvernement hongrois, pour qui l’afflux de migrants pousse le pays à « jouer un rôle qui est au-dessus des ses forces ». Mardi 23 juin, l’exécutif mené par le populiste Viktor Orban a suspendu l’accord de Dublin, qui permet à un Etat membre de renvoyer un demandeur d’asile vers le premier pays européen par lequel il est entré. En ligne de mire : l’Autriche, accusée de faire refluer le flot de migrants vers la Hongrie.

Mais Budapest ne veut pas s’arrêter en si bon chemin et souhaite couper, à son autre extrémité, et pour de bon les voies de migration provenant des Balkans, et plus particulièrement de Serbie. Ces dernières semaines, la lumière a été faite sur le destin de ces migrants – Syriens, Afghans, Irakiens, mais aussi Kosovars – qui, à pied ou à vélo, tentent de traverser, au pas de course, la péninsule balkanique pour atteindre les contrées européennes. (Lire ici le très bon reportage en Macédoine de @LoGeslin et @Jaderens sur Mediapart)

Mi-juin, le gouvernement hongrois a donc dégainé l’arme ultime, du moins la plus efficace politiquement : la construction d’un mur, ou plutôt d’une clôture (les mots semblent ont leur importance) de 4 m de haut sur un tracé de 175 km, à la lisière de la Serbie. A l’image des îles espagnoles de Ceuta et Melilla en Méditerranée ou de la frontière américano-mexicaine, les autorités hongroises espèrent faire du nord des Balkans une zone étanche à la misère humaine. Car selon les chiffres avancés par Budapest, 95 % des migrants entrant dans le pays passent par la Serbie. Bruxelles et Belgrade ont bien sûr vivement réagi à cette annonce. « La Serbie ne peut pas être responsable de la situation créée par les migrants », a protesté le Premier ministre Vucic.

Sort peu enviable en Serbie

Mais Viktor Orban souhaite aller encore plus loin et modifier la législation hongroise : un migrant à qui l’on refuserait l’asile n’aurait que 3 jours pour interjeter appel de la décision, sans quoi il serait expulsé vers la Serbie.

Une Serbie où il n’est guère mieux loti, entre kidnappings crapuleux plus au sud et brutalités policières serbes, fréquemment dénoncées par les ONG, notamment Human Rights Watch. (Photo : European People’s Party / CC)

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One Response to “Serbie / Hongrie : Orban veut une frontière étanche à la misère humaine”
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  1. […] Quant à la Serbie, un temps conciliante, elle est débordée, d’autant plus désormais que la Hongrie – étape suivante sur la route vers l’Europe de l’Ouest – se barricade. Si […]



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