L’après-Mladic, un si long chemin

Mladic arrest

« Un obstacle levé sur la route de l’intégration européenne ». La formule était de toutes les unes de journaux, en Europe occidentale, après la capture de Ratko Mladic. Un enthousiasme qu’il serait pourtant bon de modérer, tant le chemin qui mène à Bruxelles (et à Strasbourg) est parsemé d’embûches pour les pays balkaniques.

Quelques jours avant l’arrestation du « bourreau de Srebrenica », une information est quelque peu passée inaperçue. La France, mais également la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, réclameraient la création d’un « mécanisme de surveillance » chargé de contrôler que les efforts fournis par la Croatie, qui en termine avec ses négociations d’adhésion, soient bien effectifs. Une manière de retarder un peu plus l’entrée de cette dernière, qui patiente depuis près de six ans, dans l’Union européenne. Et tout cela alors même que Zagreb misait beaucoup sur la présidence hongroise, qui s’achève ce mois-ci, pour clore ses négociations  (les liens qui unissent la Hongrie et la Croatie, étaient perçus comme un réel atout par le gouvernement croate).

Avant l’arrestation de Ratko Mladic, nombreux étaient les experts qui ne pariaient pas sur une adhésion de la Serbie avant 2025. Il faut dire que Belgrade n’a pas encore obtenu son statut de candidate, et que la cavale du criminel le plus recherché des Balkans n’incitait pas les chancelleries occidentales à tomber dans la précipitation.

Le précédent Gotovina

Mais la mise sous les verrous de Mladic n’augure pas pour autant d’un avenir européen radieux. Chez le voisin croate, l’arrestation du général Ante Gotovina, en décembre 2005, n’avait pas vraiment accéléré le processus d’adhésion. Le TPIY et Bruxelles restaient intraitables quant à leur demande des documents relatifs à l’opération Oluja d’août 1995. La même intransigeance prévaudra assurément pour l’arrestation de Goran Hadzic, le dernier fugitif serbe. D’autant que les conditions de l’arrestation de Ratko Mladic (certains médias parlent plutôt de « reddition ») demeurent encore floues. Ce qui compte pour Bruxelles, c’est la « pleine coopération » de la Serbie avec le TPIY. Et s’il s’avérait que Belgrade n’avait pas joué franc-jeu avec La Haye…

Vu la bonne volonté que mettent les capitales ouest-européennes pour intégrer les pays balkaniques, le moindre faux pas, où même la moindre suspicion, jouera contre l’adhésion serbe. Le problème du retour des réfugiés sera à l’agenda de Belgrade, tout comme celui du Kosovo : pour le moment, la reconnaissance du nouvel Etat n’est pas une condition à l’entrée de la Serbie, mais des avancées diplomatiques sont attendues. En outre, il faudra que les relations avec Zagreb soient au beau fixe pour que celle-ci n’entrave pas le parcours de la Serbie, comme le fit la Slovénie avec la Croatie, entre 2008 et 2010 pour un différent territorial. (photo : ssoosay, CC)

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