La partition du Kosovo à nouveau évoquée

Mitrovica partition

Le premier ministre Mirko Cvetkovic a beau le nier de toutes ses forces, l’idée de la partition du Kosovo continue de faire son chemin au sein de l’élite politique serbe. L’annonce avait fait grand bruit, ce mois-ci, lorsque le négociateur en chef de la Serbie Borko Stefanovic, au beau milieu des pourparlers avec Pristina, déclara qu’aucun sujet n’était inabordable, même celui de la partition du Kosovo.

« Non, répond aujourd’hui le chef du gouvernement, il n’y a pas de changement de politique vis-à-vis du Kosovo ». Pourtant, au début de ce mois d’avril, le président Boris Tadic, de passage à Paris devant les étudiants de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale glissait : « au sud, nous avons des Albanais qui ne reconnaissent d’autre souveraineté que celle de Pristina ; au nord, des Serbes qui ne veulent pas être séparés de la Serbie ».

Partager l’ancienne province serbe n’est absolument pas dans les plans du gouvernement de Pristina, bien que sa campagne pour la reconnaissance internationale du Kosovo batte de l’aile. Edita Tahiri, négociatrice en chef pour la partie kosovare, accuse la délégation serbe de jouer la « provocation ». Mais il s’agit pourtant d’une  solution de repli crédible.

Une idée ancienne

Certes, pour la Serbie, demander le partage du Kosovo, c’est renoncer à faire valoir sa pleine souveraineté sur celui-ci. Mais de fait, hormis les municipalités serbes de la localité de Mitrovica (qui seraient concernées par le découpage), Belgrade n’a d’emprise nulle part. Et depuis la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ) de l’été dernier, légalisant de fait la déclaration d’indépendance du Kosovo au regard du droit international, la Serbie n’attend plus grand chose à l’échelon mondial. Elle ne fait que jouer la montre.

L’idée de la partition est d’ailleurs ancienne. Avant même la déclaration d’indépendance de février 2008, on évoquait déjà son éventualité. L’UE était contre (en partie car il faudrait alors statuer, par exemple, sur le sort des Albanais de la Vallée de Presevo, dans le sud de la Serbie) mais signifiait qu’elle ne s’y opposerait pas si les deux parties, elles, tombaient d’accord. Et dès l’été 2008, plusieurs diplomates occidentaux affirmaient que Belgrade se dirigeait tout droit (mais sans le dire ouvertement) vers un tel scénario.

L’avantage de la partition serait que la Serbie « gagne » enfin quelque chose sur l’échiquier international. En effet, depuis les accords de Dayton de 1995, son territoire n’a cessé d’être amputé (1999 : Kosovo, 2006 : Monténégro). Reste que de nombreux Serbes vivent dans des enclaves au Kosovo qui ne se situent pas dans le nord du pays, et ne seraient donc pas concernés par une redéfinition des frontières. Difficile de penser que l’opinion publique serbe s’en accommoderait. (photo : d_proffer, CC)

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