Action en Libye : l’Europe du Sud-Est en ordre dispersé

F16 Libye

L’intervention de la coalition internationale en Libye qui a débuté le 18 mars dernier, et qui est désormais conduite par l’OTAN, met en lumière les différences d’opinions sur le sujet dans les Balkans, et plus largement en Europe du Sud-Est.

Les pays « réservés » :

« Aucun parallèle avec les frappes de l’OTAN de 1999 », ont conjointement promis Vladimir Poutine, et le président serbe Boris Tadic. Si la Serbie soutient « toutes les décisions du Conseil de Sécurité de l’ONU », elle ne veut pas transiger avec « l’intégrité territoriale » de la Libye. Sans condamner explicitement les frappes, Belgrade a appelé à ce qu’elles cessent. Des liens étroits ont été bâtis entre les ministères de la Défense serbe et libyen, héritage de la période yougoslave, ce qui a entraîné un début de polémique quant à l’utilisation de personnel serbe dans la répression menée par le colonel Kadhafi. Même son de cloche du côté du Monténégro, qui réitérant son respect pour la plus haute instance onusienne, a marqué son souhait de voir les combats cesser.

Les pays qui soutiennent l’action internationale sans y participer :

La Croatie, membre de l’OTAN depuis 2009, a marqué son approbation, tout comme la Bosnie-et-Herzégovine, qui l’a signifiée en votant favorablement à la résolution 1973 au Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Le Kosovo et l’Albanie ont aussi montré leur satisfaction, cette dernière ayant même proposé son aide.

Les pays qui apportent un soutien militaire :

La Turquie est dans une situation délicate. Elle a désapprouvé la résolution onusienne et appelle désormais à une cessation des bombardements, tout en proposant sa médiation pour une sortie de crise pacifique. Ankara entend bien asseoir son rôle de puissance médiatrice dans le sud méditerranéen. Néanmoins, le centre de commandement de la campagne aérienne se situe sur son sol, à Izmir. La Bulgarie, réticente au début des frappes sur la forme à donner à cette action, vient pourtant d’envoyer une frégate en direction des côtes libyennes, avec 160 militaires à son bord, pour renforcer l’embargo sur les armes. Une décision similaire avait été prise quelques jours plus tôt par la Roumanie, qui a mis une frégate et 200 hommes à disposition de l’Alliance atlantique. Des avions ravitailleurs pourront aussi décoller des bases du pays. Située à moins de 400 km des côtes libyennes, la Grèce participe à l’action de l’OTAN à laquelle elle a adhéré dès 1952. Sa proximité avec le théâtre des opérations en fait un partenaire de choix : la base de Souda en Crète, d’Aktion et d’Araxos au sud-ouest du pays, ainsi que plusieurs bâtiments militaires (notamment une frégate déjà sur place avant l’intervention) sont à la disposition de l’organisation euro-atlantique. 

Il est ainsi à noter qu’aucun de ces pays n’intervient directement dans les frappes aériennes, mais  ils apportent un soutien au « no-fly zone » ainsi qu’à l’embargo sur les armes à destination du régime de Tripoli. (photo : Jez B, CC)

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